CONSEILS AUX ETUDIANTS UNIVERSITAIRES AMERICAINS

 

Susan Shapiro

Certes, le système universitaire est différent en France de ce qu’il est aux États Unis, mais la comparaison est intéressante. Personnellement,je préfère de beaucoup le système « cool » américain à la rigidité et la prétention des professeurs qui m’est restée en mémoire après mes études en France. J’ai d’ailleurs connu de nombreux Français aux États-Unis qui tout comme moi, s’enthousiasment lorsqu’ils découvrent l’accès facile et le généreux support qu’offrent le système et les professeurs en Amérique.

J’ai enseigné mon premier cours à l’Université Columbia ce mois-ci, et même si j’ai enseigné la rédaction au niveau universitaire depuis 1993, je me suis senti un peu intimidé par l’impressionnant campus de l’école. C’est dommage.

J’ai aimé suivre les cours à l’université du Michigan, à une heure de chez moi, mais mon humiliation secrète est la suivante: j’étais le type d’étudiante médiocre que j’en suis venu à dédaigner. En tant qu’étudiante de première année, je me souciais de mes amis, de mon copain et de ma poésie. Ou alors, je me souciais de ce que mon copain pensait de mes amis, de ce que mes amis pensaient de lui et de ce qu’ils pensaient de ma poésie sur lui.

 

 

 

 

 

Voici ce que j’aurais aimé savoir et faire différemment:

UNE NOTE A C’EST COOL ET OFFRE CERTAINS AVANTAGES

 En tant qu’étudiante, je m’imaginais anti-establishment, et je détestais les tests; j’ai à peine maintenu une moyenne de B. Je pensais que seuls les cracks passaient les week-ends à étudier. à la bibliothèque. J’ai récemment appris que l’on a offert une semaine de voyage à Buenos Aires à ma nièce Dara, une étudiante en deuxième année à l’Université de New York, dans le cadre de son séminaire d’honneurs avec un bon niveau GPA de 3,7 (et un petit ami). J’étais rétroactivement envieuse de savoir qu’un niveau G.P.A. de 3.5 ou plus vous qualifie dans de nombreuses écoles pour des voyages gratuits, des bourses, des subventions, des prix, des soirées privées et des stages supérieurs. À 20 ans, j’étais trop occupée à paniquer quand mon petit ami a disparu (après avoir couché avec une de mes amies). Les étudiants n’ont certainement pas besoin d’être obsédés par la perfection, mais j’aurais dû donner la priorité aux notes, pas aux copains.

FAITES ACTE DE PRÉSENCE ET OUVREZ LA BOUCHE

 Je n’assistais pas à un cours s’il était ennuyeux ou s’il neigeait. Je me disais que personne dans la salle de conférence de 300 personnes ne le remarquerait et que je pourrais recopier les notes plus tard.

La présence en classe comptait à peine. Quand j’assistais aux cours, je m’asseyais tranquillement au fond de l’amphi. Pourtant, en tant qu’enseignante, je constate que les étudiants qui viennent chaque semaine s’asseoir devant et posent et répondent aux questions obtiennent de meilleures notes, et franchement, un traitement préférentiel. Au bout de 15 semaines, je connais à peine les absents ou ceux qui se dérobent et passent le terme sur leur iPhone.

 

Ce n’est pas seulement que ces étudiants jettent $300 aux ordures chaque fois qu’ils manquent ma classe; la participation en classe peut effectivement offrir des bénéfices. Je récompense ceux qui font plus d’efforts avec des recommandations, des références, des contacts professionnels et des encouragements.

LES CONNEXIONS FAITES EN CLASSE PEUVENT LANCER VOTRE CARRIÈRE

Lorsque j’étais moi-même en classe à l’université, j’ai rarement rendu visite à mes professeurs pendant les heures de visites. Je ne voulais pas ennuyer les enseignants avec ce que je considérais être sans grand intérêt. De plus, je croyais déjà tout savoir. Au cours de mes études supérieures, par contre, je suis allée aux cours d’un professeur que j’admirais. Éventuellement, je me présentais à son bureau rien que pour me défouler. Une fois, après que je me sois plainte d’un travail sans issue, il m’a recommandé pour un poste au magazine de renom le New Yorker, ce qui démarra ma carrière.

 

Mais ce ne sont pas les seuls professeurs qui tracent la trajectoire d’une vie. Plusieurs de mes camarades de l’école d’études supérieures ont fini par travailler comme éditeurs dans d’autres publications, et ils m’ont ensuite embauché pour un travail à la pige. Des années plus tard, j’ai aidé des étudiants et des collègues à la New School et à la New York University où j’enseigne, à décrocher des emplois, à être publié et à rencontrer rédacteurs et agents.

 

 

LES PROFESSEURS SONT AUSSI DES ÊTRES HUMAINS

  En tant que professeur, j’ai gardé toutes les lettres, cartes et poèmes de gratitude qui m’ont été envoyés. C’est agréable d’être appréciée, et ce sont des évaluations durables. Après une de mes séances d’intro, une étudiante de l’Idaho en première année a laissé échapper: Classe super! Ce fut comme si on m’avait mis le doigt dans une prise de courant. J’ai ri et je l’ai invitée à faire du footing avec moi dans le parc local – une activité que je pratique chaque soir comme une sorte d’heure de bureau – et nous avons travaillé sur des idées qui menèrent à son premier livre. Et quand une étudiante m’a confié qu’elle mourait d’envie de prendre une autre classe avec moi, mais qu’elle avait dépensé toute son aide financière, je l’ai laissée participer à ma classe en observatrice.

Rétrospectivement, j’aurais dû être plus ouverte avec les instructeurs que j’admirais.

CHERCHEZ VOS PROFESSEURS SUR LES MÉDIAS SOCIAUX

Je réponds à tous les courriels, et même si je n’accepte pas toutes les demandes d’amis, je réponds aux étudiants qui me suivent sur Facebook, Twitter et Instagram. Plus importants, les médias sociaux sont là où je poste les offres d’emploi et le travail indépendant sur les panneaux. Vérifier les coulées des médias sociaux de mes étudiants me permet également de voir d’autres côtés de leur personnalité. Les photos ne m’impressionnent pas, mais les potins spirituels et les idées originales le font. Plusieurs étudiants ont développé des projets de livres à partir de leurs blogs et de leurs pages Instagram, et je fais la promotion de leur travail, de leurs œuvres caritatives et de leurs événements sur mes propres réseaux sociaux. Vous ne savez jamais si le président du collège ou votre professeur va retweeter ou rediffuser votre travail.

ON SOCIALISE BIEN MIEUX QUAND ON EST SOBRE

Boire et fumer soulageait mon anxiété sociale et me semblait amusant. Jusqu’à ce que je ne puisse m’arrêter. Nettoyer mon organisme me conduisit à un enrichissement de ma vie. Au lieu de faire la fête, j’allais au cinéma, je faisais de la danse, du yoga, j’assistais à des cours d’aérobic et à des conférences avec des amis et des petits amis.

Je fus surprise de voir que mon travail s’était grandement amélioré, tout comme mes relations. Je connais des étudiants qui ont de gros ennuis quand ils sont sous l’influence d’alcool ou de stupéfiants, et je m’inquiète encore de ce que j’ai manqué, gaspillant tellement de temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

NE SOYEZ  PAS COINCÉ

Ne craigniez pas de solliciter un soutien émotionnel. C’est un professeur d’études supérieures qui m’a recommandé mon premier thérapeute: elle m’écoutait et chargeait selon les moyens du patient. La thérapie peut être bon marché, amusante et aisément disponible – sans mentionner la planche de salut qu’elle vous apporte. Et s’il s’avère que vous êtes dans une école qui n’est pas pour vous, ne vous inquiétez pas. Un tiers des étudiants universitaires changent d’école avant d’obtenir leur diplôme. Si vous êtes malheureux ou ne prospérez pas dans votre école, pensez au long terme. Je n’aurais pu le faire au cours de mon premier cycle, mais quatre ans plus tard, l’école d’études supérieures de l’Université de New York m’a offert une chance de vivre dans ma ville de rêve. Il ne m’a fallu que trente ans de travail pour arriver à l’Ivy League – pour enseigner, au moins une classe.

 

Susan Shapiro (@Susanshapironet), professeur d’anglais à la New School, est l’auteur de “Five Men Who Broke My Heart“. Et sortant bientôt ” La Bible Byline. “Suivez la section Opinion du New York Times sur Facebook et Twitter (@NYTopinion), et inscrivez-vous pour le bulletin Opinion Today.

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