La situation aussi ambiguë que regrettable de l’immigration américaine

Cet essai est inspiré d’un article de James Surowiecki paru en aout 2012, l’éditeur de la page financière du magazine The New Yorker. Son écriture est aussi directe que perspicace.

Les États-Unis forment un grand nombre parmi les meilleurs athlètes du monde qui rivalisent contre les gymnastes des USA. Près de 400 athlètes olympiques qui ont représenté d’autres pays aux jeux olympiques de 2012, ont fait des études où  se sont entrainés aux États-Unis. Les États-Unis contribuent au développement des compétences et du talent des sportifs du monde entier, et certains triomphent contre les Américains.

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Ce n’est pas un phénomène limité aux jeux Olympiques. Les États-Unis sont la destination la plus populaire des étudiants étrangers, des centaines de milliers d’entre eux étudient dans ses universités ou y font des  études supérieures.

[Au cours de l’année 2012-2013, la France accueille 289 274 étudiants étrangers, dont 216 055 (74.7 %) inscrits à l’université. Leur nombre a augmenté de 8,85 % depuis 2008.

La France est le troisième pays d’accueil des étudiants étrangers, ce qui était déjà le cas en 2011 où, selon les données de l’UNESCO, elle accueillait 7 % d’entre eux, contre 18,5 % pour les États-Unis

Parmi les étudiants accueillis par la France en 2011, 83 % ne provenaient pas d’Europe, soit environ 230 000 personnes.]

L’économie mondiale est plus dynamique lorsque les connaissances sont plus largement reparties.

Mais ce sont là des occasions manquées pour les États-Unis. De nombreux étudiants préfèreraient rester aux États-Unis et mettre leurs compétences à travailler ici après avoir obtenu leur diplôme, mais ils ne peuvent obtenir un visa de travail.

Certaines analysent estiment que des centaines de milliers d’immigrants hautement qualifiés qui travaillent déjà ici se retrouvent coincés pendant des années dans les marges de l’Immigration, dans l’attente de l’approbation de visas et de cartes vertes.

Ce sont des travailleurs cultivés et motivés qui veulent jouer le jeu selon les normes américaines. Nous rendons cependant leur tâche difficile.

1m15La politique d’immigration des États-Unis, a été conçue depuis les années 1960 pour encourager l’immigration des membres d’une même  famille plutôt que des travailleurs qualifiés.

En 1990, le nombre de visas permanents basés sur l’emploi a été limité à 140, 000 par an. Il est surprenant que ce chiffre n’ait pas changé depuis, alors que l’économie américaine est maintenant 66% plus élevée. De plus, avec l’ascension de l’Inde et de la Chine, l’offre de talents mondiaux a fortement augmenté.

Les États-Unis ont également limité l’attribution de visa à  7% du nombre total de visas pour chaque pays, indépendamment de la taille du pays, de sorte qu’une fraction seulement des demandes en provenance de Chine et de l’Inde sont approuvées. Le nombre de visas de travail temporaire est également plafonné à 85.000 par an.

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En 2006, selon une étude, plus d’un demi-million d’immigrants hautement qualifiés étaient en attente de visas permanents et l’arriéré dans certaines catégories de visas était de plus de dix ans.

D’autres pays se sont accommodés pour tirer profit des talents que nous refusons.

L’Australie autorise presque autant de travailleurs qualifiés chaque année que les États-Unis en dépit du fait que sa population n’est qu’une fraction de la notre. Le Canada a agressivement courtisé les talents les plus éminents et a presque quadruplé le pourcentage de visas de résident permanent qu’il accorde basés sur l’emploi.

Bien sûr, avec un taux de chômage élevé une plus faible immigration peut ne pas paraitre une mauvaise chose, mais c’est avoir la vue courte.

Les économies ne sont pas statiques, et l’ensemble des ressources n’est pas limité pour tout le monde.

Les travaux de l’économiste Paul Romer ont démontré que les économies se développent plus rapidement quand il y a plus d’innovation et un plus grand nombre de gens intelligents dans la population active est un des conducteurs clés de l’innovation.

Le moyen le plus rapide et le moins cher d’acquérir une population plus intelligente est de faciliter leur immigration. Qui plus est, il y a historiquement un lien direct entre l’immigration aux États-Unis et l’entrepreneuriat, car les immigrants créent des entreprises et des emplois à un rythme disproportionné.

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Dans une célèbre étude, la sociologue AnnaLee Saxenian a démontré que les seuls immigrés chinois et indiens ont fondé un quart des start-ups de Silicon Valley entre 1980 et 1998 tandis qu’une autre étude réalisée en 2007 a révélé qu’un quart de toute la technologie et de l’ingénierie start-up entre 1995 et 2005 a été fondée par des immigrants. Sur une plus grande échelle, plus de 40% des entreprises du classement Fortune 500 en 2010 ont été créées par des immigrés ou leurs enfants.

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L’immigration est également bonne pour l’innovation en général. Une troisième étude a révélé qu’en 2006, les ressortissants étrangers vivant aux États-Unis ont contribué à près de 26% des applications de brevets américains et internationaux, et en 2012  les immigrants ont contribué au trois quarts des brevets qui sont ressortis des 10 universités de recherche les plus prolifiques du pays. Le débat national sur l’immigration fait penser que si les travailleurs immigrés sont en concurrence avec les travailleurs nés au pays pour une part fixe d’un tout. C’est une hypothèse toujours discutable, mais, dans le cas des immigrants qualifiés, c’est tout simplement faux. Leur présence grossit le gâteau pour tout le monde.

La question n’est pas urgente à Washington et l’anxiété des électeurs au sujet de la faiblesse de l’économie et de la rareté des emplois donne une excuse aux politiciens pour ne pas agir. C’est une politique et une recette qui mènent à la stagnation.

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Welcome the immigrants you once were

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