Pour l’avenir de l’Europe, il faut maintenir la Grèce dans la zone euro

par le Conseil de Rédaction

du New York Times

6 juillet 2015

La victoire retentissante pour le vote «non» au référendum de la Grèce oblige les dirigeants européens comme la chancelière allemande Angela Merkel à faire un choix difficile, mais clair. Ils sont les seuls à avoir le pouvoir de décider ce qui arrivera – soit ils poussent la Grèce hors de la zone euro soit ils offrent une voie à suivre pour l’économie grecque, en abaissant ses énormes et impayables dettes.

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La Grèce a souffert et continuera de souffrir: son taux de chômage est supérieur à 25 %; son  produit intérieur brut a diminué d’un quart depuis 2008. Les dernières années ont montré que la souffrance et l’austérité n’ont rien fait qui puissent aider la Grèce ou ses créanciers. Et aucune leçon de morale ou punition ne peut changer cette réalité.

C’est maintenant à Mme Merkel, la plus puissante chef politique en Europe, de décider si elle est prête à risquer la stabilité de l’Union européenne, c’est-à-dire reléguer la Grèce à la dépression économique et menacer les marchés financiers mondiaux, ou faire, à ce moment critique, ce qui est raisonnable.

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Les dirigeants de la zone euro se réuniront mardi pour discuter de leurs options et examiner une nouvelle proposition du Premier ministre grec Alexis Tsipras. Ils devront agir rapidement parce que les banques grecques sont à court d’argent après que le gouvernement les ait fermées et ait imposé des contrôles de capitaux il y a une semaine.

D’un point de vue économique, ce que les dirigeants européens devraient faire est clair. Il leur faut restructurer la dette totale de la Grèce de € 317 000 000 000 – environ 177 % de son PIB – et garder le pays, un membre de l’Union européenne et de l’OTAN, dans la zone euro.

Laisser le pays quitter l’euro, blessera bien sûr la Grèce en rendant ses banques insolvables et en mettant à l’arrêt une grande partie de l’activité économique du pays, pendant que le gouvernement délivre de nouveaux assignats probablement suivis d’un retour à une drachme grandement dévaluée. Personne ne sait vraiment comment les choses finiront dans un tel scénario. Voilà pourquoi M. Tsipras et les chefs des autres partis politiques grecs ont déclaré lundi qu’ils voulaient que le pays demeure dans la zone euro.

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Une sortie de la Grèce ferait également des dommages incalculables à la crédibilité de l’euro et le projet européen en laissant clairement présumer que l’adhésion de tous les pays de la zone euro pourrait être révoquée. Cela ne serait peut-être pas une préoccupation immédiate pour les pays les plus faibles économiquement tel que l’Italie, le Portugal et l’Espagne, étant donné que les rendements de leurs obligations d’état n’ont augmenté que modestement après le vote grec. Mais le spectre d’autres sorties de la zone euro rendrait sans doute difficile pour les dirigeants européens de répondre aux crises futures.

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 Ceux qui sont contre un allégement de la dette ont fait valoir que sauver la Grèce ne ferait que récompenser un gouvernement qui n’a pas réussi à réformer une économie inefficace. Mais c’est là une lecture complaisante et erronée de ce qui est arrivé au cours de la crise. Ce sont les dirigeants européens et le Fonds Monétaire International qui ont fait la plus grosse erreur en 2012 quand ils n’ont que partiellement restructuré les dettes de la Grèce, dont beaucoup étaient dues à des banques en Allemagne et le reste de l’Europe.

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Le problème a été aggravé par l’exigence que le pays réduise ses dépenses et augmente les impôts. Ce qui a déprimé une économie déjà faible et conduit au chômage, rendant impossibles la croissance et une augmentation de revenus. Dans leur plus récente proposition, les créanciers de la Grèce ont demandé encore plus de coupes des retraites déjà modiques du gouvernement, ce qui conduirait à une nouvelle contraction économique.

Oui, les responsables grecs passés et présents sont responsables de beaucoup des problèmes de leur pays. Mais les dirigeants européens ont aggravé la crise par leur mauvaise gestion. Maintenant, il leur incombe de mettre fin à la menace pour la zone euro en sauvant un petit pays, paralysé.

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